[MONGOLIA #1] - L'ÉCONOMIE COLLABORATIVE EN MONGOLIE !

Février 2015, à Paris

Extrait révélateur de la surprise suscitée auprès de nos partenaires par le choix de la Mongolie comme 6ème pays de notre tour du monde de l’économie collaborative :

« La Mongolie, mouais... C’est très exotique, mais quel intérêt d’un point de vue collaboratif ? Il y a des entreprises du secteur implantées là-bas ? »

Nombreuses ont été les réactions de cet acabit, et après un mois passé à étudier le modèle collaboratif mongole, nous ne pouvons que leur donner raison !

Pays en marge du monde, faiblement développé et principalement nomade, les plateformes collaboratives semblent s’être égarées dans l’immensité des steppes... Accès à internet itinérant, barrière de la langue, les pistes d’explication ne manquent pas pour expliquer le faible développement de l’économie collaborative en Mongolie.

Après une semaine passée dans un ranch dans le Nord du pays, répertorié sur la plateforme collaborative Workaway, où quelques heures de travail quotidien nous permettent de jouir du couvert et du lit, nous partons ensuite à la découverte du pays. De fermières à nomades, nous troquons nos cheptels et notre yourte pour rejoindre Khatanbaatar – notre hôte couchsurfing, rencontré le premier soir de notre arrivée en Mongolie – avec qui nous partons arpenter les plaines verdoyantes, un croustillant mélange à mi-chemin entre des Amazones et Gengis Khan.

A bord de sa jeep, nous restons sans voix face au lac Khosvgol, étendue d’eau douce à perte de vue, aux rivières au bord desquelles nous établissons notre campement et les steppes de la région de l’Arkhangaï. Chaque soir, nous cherchons un endroit où déployer tant bien que mal notre tente et allumer notre feu, de quoi se sentir véritablement l’âme d’un nomade ! Et de l’expérimentation de ce mode de vie propre à la culture mongole, un constat s’est vite imposé à nous : la Mongolie est la quintessence de l’économie collaborative...

 

Modèle socio-économique préconisant l’usage plutôt que la propriété, l’économie collaborative trouve son écho dans le mode de vie nomade. Par exemple, les steppes mongoles ne sont pas divisées en titre de propriété foncière : chaque groupement nomade évolue au gré des saisons et des besoins de nourriture pour son troupeau. A chaque fois que le besoin se fait sentir, ils migrent d’un hectare de nature à un autre sans se soucier que ce dernier ne soit la propriété d’un autre. Les 2 heures nécessaires pour monter une yourte et les 30 minutes pour la démonter sont les deux seules contraintes à leur mobilité !

Par ailleurs, point de surconsommation quand la mobilité est le maitre mot de votre style de vie. Et pour se sentir toujours comme « chez soi », vous pouvez faire confiance au haut sens du partage et de l’hospitalité mongoles qui favorisent la constitution de communautés au sein desquelles troc, don et partage régulent les échanges économiques.

Et quand la route devient piste, les roues de voitures se font la malle laissant sur le bas cote de nombreux mongoles pour qui le stop est le seul recours : l’absence de Uber ou de Blablacar ne constitue en rien un frein à cette pratique hautement collaborative érigée en véritable sport national.

 
 

Et enfin, si découvrir la Mongolie est une expérience collaborative en tant que telle, c’est également du fait des locaux qui se réinventent en guides touristiques à la Cariboo : des mongoles nomades qui, depuis leur plus jeune âge parcourent les steppes, et vous proposent des excursions à cheval ou en dromadaires.

Ainsi, si notre flair nous laissait initialement à penser que l’économie collaborative était une pratique peu usitée, notre immersion dans ce pays au style de vie nomade nous a fait reconsidérer notre constat. Les similarités entre les pratiques de l’économie collaborative et du style de vie nomade sont nombreuses et l’essence de l’économie collaborative est la même que celle de la culture nomade : l’usage plutôt que la propriété.

 

*_*_*_*_*_*_* ENGLISH VERSION BELOW *_*_*_*_*_*_* 

 

February 2015, Paris

Talkative extract of the surprise generated by the choice of Mongolia as the 6th country of our around-the-world trip only using the sharing economy:

“Mongolia?! It sounds really exotic but what’s the interest from a collaborative point of view? Is there some companies from this sector in this country?”

And after one month spent to study the Mongol model we can all but disagree with these reactions.

Different from the modern world, this country is not well developed and mainly nomadic. As a consequence the collaborative platforms seem to be lost in the wild steppes. Bad Internet access, few English speakers, there are many reasons to explain the low development of the sharing economy in Mongolia.

After one week spent in a ranch in the North of Mongolia, listed on the collaborative platform Workaway, where few daily hours of work offered us a place to eat and to sleep, we went to discover the countryside. From farmers to nomads, we joined Khatanbaatar, our Couchsurfing host that we met our first night in Mongolia, and we escaped into the green, huge and wild steppes of Mongolia.

In his jeep, we are voiceless facing the Khosvgol Lake, the steppes of the Arkhangaï region and the rivers where every night we settle our tent. We really feel like nomads when looking at night for a place to set our fire and settle our basecamp! And this experimentation of nomadic lifestyle makes us realize that Mongolia is the quintessence of the sharing economy.

 

Socio-economic model based on the using instead of the owning, the sharing economy has many similarities with nomadism. For exemple, Mongol steppes are not the specific property of anybody: each nomadic group change of land any time they feel the need. The two necessary hours to settle their yurt and the 30 minutes to unsettle it are the only two elements they have to deal with before moving from a field to another.

Also, there is no overconsumption when the mobility is the base of your lifestyle. And to always feel like home, you can rely on the Mongol sense of sharing and hospitality that help the constitution of communities within which exchange and gifts are the keys of economic exchanges.

The absence of Uber or Blablacar in Mongolia don’t minimize hitchhiking, it is a very popular habit in the country - especially as roads are in bad shape and cars always in reparation!

Eventually, if discovering Mongolia is a collaborative experience in itself it is also thanks to locals that happen to become touristic guides as Cariboo: nomadic nomads offer you some horse-riding excursions in the steppes.

 

As a conclusion, if we first thought that Mongolia was not the most interesting country to study the sharing economy, we have been really surprised by the similarities between this socio-economic model and the nomadic lifestyle. Even if there is no collaborative platforms in Mongolia, sharing, giving, exchanging are way more popular than owning in a culture founded by nomads.