[JAPAN #2] - THE STATE OF THE SHARING ECONOMY IN JAPAN

De prime abord, l’économie collaborative apparait comme un modèle en développement au Japon – à titre de comparaison les initiatives en la matière sont plus présentes au Chili qu’en terres nippones !

Dès lors comment expliquer qu’un pays aussi moderne et connecté que le Japon soit en retard en comparaison des modèles collaboratifs européens et nord-américains ?

Un modèle qui s’impose progressivement dans les mœurs et les pratiques nippones grâce au travail conjoint de l’État et des associations.

Plusieurs associations japonaises, telles que Sharing Economy Association ou New Economy Japan que nous avons rencontrées, travaillent au développement de l’économie collaborative en promouvant les entreprises du secteur collaboratif. Leurs actions sont de rassembler les acteurs du secteur pour penser le futur de cette économie ainsi que d’organiser des colloques où se réunissent membres du gouvernement et entreprises de l’économie collaborative.

En effet, le gouvernement du premier ministre Shinzo Abe entend rattraper le retard pris par la péninsule nippone, un des hauts lieux mondiaux de l’économie digitale, en assouplissant les restrictions légales sur l’hébergement entre particuliers. Ce changement de cap du gouvernement vise à anticiper la hausse du nombre de touristes(demande d’hébergement, de locations de voitures) à horizon 2020 avec les Jeux Olympiques. Activité en plein essor, le nombre de touristes en 2015 a atteint le chiffre record de 19.7 millions de visiteurs étrangers. Le développement de plateformes collaboratives devrait permettre de répondre à ce véritable boom touristique. 

 
 

Un autre élément favorisant l’essor de l’économie collaborative est la recherche de nouveaux modes de consommation par la société japonaise. Consommer certes mais en rencontrant l’autre et en réaffirmant le lien social ainsi que l’appartenance à une communauté. C’est d’ailleurs un des axes principaux de communication qu’utilisent les associations pour faire rentrer dans les mœurs japonaises l’économie collaborative ! Culture de l’hospitalité et jeunesse citadine en quête de sens, en rupture par rapport au modèle d’hyperconsommation hérité de leurs parents sont autant d’éléments qui promettent de beaux jours à l’économie collaborative.

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Ainsi en 2014, l’économie collaboratives au Japon a généré des recettes de plus de 20 millions d’euros (soit 23,200,760,000 JPY), soit une croissance de plus de 134.7%.

En dépit de ces moteurs qui devraient aider l’économie collaborative dans un futur proche, cette économie peine à se développer au nom du maintien des traditions, du barrage de la langue (88% des Japonais ne parlent pas anglais). Ces éléments expliquent que les entreprises collaboratives au Japon s’embourbent dans une « grey zone » législative.

En effet, le Japon prend à son tour des mesures à l'encontre de l'hébergement collaboratif. Afin de préserver son industrie hôtelière et la tranquillité de ses citoyens, le gouvernement du pays a adopté une loi pour encadrer la location de courte durée entre particuliers. Ainsi, parmi les principales mesures, la règlementation japonaise impose désormais une durée de location minimale d'une semaine. Elle oblige également aux loueurs d'informer leur voisin ainsi que les pompiers de la location de leur logement, et de conserver les données du locataire pendant les trois ans qui suivent sa visite. 

 

*_*_*_*_* ENGLISH VERSION BELOW *_*_*_*_*

 

When first considering the Sharing Economy in Japan, it is not a developed socio-economic model – as a striking example, collaborative initiatives are more numerous in Chile than in Japan!

So how can we explain that such a modern and interconnected country is less developed from a sharing economy perspective than Europe and North America?

The Sharing Economy is slowly getting integrated in Japanese habits thanks to the collaboration of the State and the associations.

Several Japanese associations – such as the “Sharing Economy Association” or “New Economy Japan” that we met – work to spread the Sharing Economy by promoting the companies from the collaborative sector. Their missions are to gather the actors of this sector to think about the future of the new economy and organize think tank with members from the government and companies from the Sharing Economy.

Indeed, the government of the Prime Minister, Shinzo Abe, wants to foster the Sharing Economy in Japan, one the hottest areas of the digital economy. For instance, they softened the legal restrictions on the home-sharing accommodation – like Airbnb. This change in the policy was made in anticipation of the increasing number of tourists especially with the 2020 Olympic Games. Tourism is a growing activity in Japan: in 2015, the number of foreigners visiting Japan reached 19.7 billions. Collaborative platforms should help the touristic area to face such touristic boom.

 
 

Also, the Sharing Economy should benefit from the search for new ways of consuming in the Japanese society. People want to consume but while being integrated into a community so that to give more sense to their consumption. This is one of the major axis of communication for the associations to promote the Sharing Economy in Japan! The really strong sense of hospitality in the Japanese culture is another element that makes the future of the Sharing Economy looks bright.

In 2014, the Sharing Economy in Japan generated 20 billions EUR of incomes (23,200,760,000 JPY) with a 134.7% growth compared to the previous year.

Despite these elements that should help to develop the Sharing Economy in the future, this new economy is still facing some obstacles such as the weight of traditions and the barrier of language (only 12% ofJapanese are able to speak English). Also, the companies from the Sharing Economy in Japan are still blocked in a legal “grey zone”

Indeed, Japan adopted in March 2016 a new policy to refrain home sharing and car sharing. In order to protect the traditional hostel industry, the government released a law to minimize short-term locations between particulars: the minimum term of location is now of one week and the owners who want to accommodate tourists first have to ask the permissions to their neighbours and firemen. Also, the owners have to keep track of the record of the rent for 3 years!